Le rapport du Trades Union Congress britannique et du projet Everyday Sexism, ‘Still just a bit of banter?’ (« Peut-on vraiment encore parler de drague ? »), publié hier, va dans le sens des témoignages que les travailleuses des transports confient à l’ITF partout dans le monde (et pas seulement au Royaume-Uni, où a eu lieu cette enquête) : le harcèlement sexuel au travail est extrêmement courant, et les femmes se sentent fragilisées, rabaissées et réticentes à dénoncer les incidents.

Travail précaire
Le rapport révèle que les femmes aux postes les plus précaires risquent grandement d’être victimes de harcèlement sexuel, de même que celles qui travaillent dans des environnements majoritairement masculins caractérisés par une forte ségrégation. Ces lieux de travail sont légion dans les transports. Pour en savoir plus sur l’action menée par l’ITF pour soutenir les personnels précaires dans les transports : http://www.itfglobal.org/fr/transport-sectors/urban-transport/in-focus/precarious-work/
Selon l’Organisation internationale du travail (OIT 2013) : «La violence à l’égard des travailleurs du transport est l’un des principaux facteurs qui limite à la fois l’attrait des emplois dans ce secteur pour les femmes et le maintien dans l’emploi de celles qui y travaillent. »
Ni le cadre international actuel ni les réglementations nationales ne protègent suffisamment contre la violence sexiste, dont le harcèlement sexuel, au travail.

Convention de l’OIT sur la violence à l’égard des femmes et des hommes dans le monde du travail
Les prochaines discussions sur l’adoption d’une Convention et/ou Recommandation sur la violence à l’égard des femmes et des hommes dans le monde du travail revêtent une importance cruciale. Il n’existe actuellement aucun instrument international à ce sujet. Si le harcèlement sexuel est abordé dans certaines normes et documentations pédagogiques de l’OIT, il est néanmoins vital d’adopter un traité global à ce sujet, qui serait à la fois préventif et curatif. Voilà pourquoi nous appelons nos affiliés à partager les témoignages de leurs membres pour réunir des preuves et constituer un dossier solide qui aidera les syndicats à négocier avec les employeurs et à faire pression sur les gouvernements pour qu’une meilleure protection des travailleuses et travailleurs soit mise en place. Les organisations d’employeurs et gouvernements réfractaires affûteront leurs armes pour démonter notre argumentaire. Nous devons donc faire front ensemble. Ces informations auront leur importance à tout moment du processus, mais seront particulièrement cruciales si elles nous parviennent avant la réunion d’experts qui se tiendra du 3 au 6 octobre 2016.
Nous avons besoin de vous ! Voici 9 manières d’aider l’ITF.

Scarlet Harris, Responsable des questions d’égalité du TUC, déclare à juste titre : « Nous avons besoin d’une approche proactive et collective pour remettre en cause le sexisme, la discrimination et le harcèlement au travail. On ne peut espérer endiguer le harcèlement sexuel en se reposant uniquement sur les plaintes ou actions en justice individuelles. »

Pour lire le billet de Scarlet sur son blog : http://strongerunions.org/2016/08/10/sexual-harassment-is-no-laughing-matter/.

Formation, éducation et programme d’intervenantes auprès des femmes
Nous soutenons les recommandations du rapport du TUC concernant la formation, les campagnes sur les lieux de travail et la négociation de politiques d’entreprise sur le harcèlement sexuel.

Le rapport du TUC constate que « seule une victime sur cent se confie à son représentant syndical », mais nous mettons tout en œuvre pour faire bouger les choses. Les enquêtes montrent que les victimes de violence sexiste et de harcèlement sexuel sont bien plus susceptibles de se confier à quelqu’un qu’elles connaissent. L’ITF développe actuellement un programme mondial d’intervenantes auprès des femmes, basé sur les recherches et formations du syndicat canadien Unifor. Ces 20 dernières années, Unifor a négocié la présence de 335 intervenantes sur plus de 300 lieux de travail. Les intervenantes sont des représentantes syndicales formées spécialement à l’aide et au soutien des femmes victimes de violence et/ou de harcèlement. Le programme d’intervenantes auprès des femmes d’Unifor rencontre un vif succès et constitue maintenant une clause obligatoire des conventions collectives qu’il négocie. Ces femmes sont formées pour aider d’autres femmes concernant cette problématique majeure de sécurité au travail. Pour en savoir plus sur les intervenantes auprès des femmes.

Que pouvez-vous faire dès maintenant ?
Contactez-nous à l’adresse women@itf.org.uk pour étudier les possibilités de mettre en place un programme d’intervenantes auprès des femmes au sein de votre syndicat, si vous voulez en savoir plus sur ce que vous pouvez faire pour soutenir l’action en faveur d’une Convention de l’OIT, ou pour partager des témoignages ou victoires.